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Quand le magnésium vient à manquer

Le magnésium joue un rôle très important dans l’alimentation humaine, puisque la plupart des voies métaboliques sont magnéso-dépendantes. Son homéostasie est essentielle pour les cellules nerveuses, les cardiomyocytes et les cellules musculaires lisses ou striées. Et pourtant, environ 75% de la population belge manque de magnésium (1).

07/11/2018 10:55am

 Le magnésium dans notre organisme

La teneur totale de l’organisme en magnésium (sous forme de différents sels) se situe entre 20 et 28g, dont 40 à 45% sous forme intracellulaire dans les muscles et les tissus mous, 1% sous forme extracellulaire, tandis que le reste se trouve au niveau du squelette. Aucun organe spécifique n’a pour fonction de constituer des réserves de magnésium pour l’organisme, bien qu’un tiers soit stocké au niveau du squelette. Ces réserves de magnésium dans le squelette sont en équilibre avec ses concentrations plasmatiques et servent de tampon afin de maintenir un niveau de magnésium extracellulaire adéquat. 

Le magnésium est un cation ubiquitaire dans le corps humain. Il est impliqué comme cofacteur dans plus de 300 réactions enzymatiques différentes (métabolisme énergétique, synthèse des protéines et des acides nucléiques, par exemple). Il influence le métabolisme des cellules musculaires, myocardiques et nerveuses ainsi que les transferts ioniques transmembranaires et intracellulaires. Ainsi, le magnésium a pu être considéré comme un facteur limitant potentiel des performances physiques humaines (2).

Des valeurs de référence

En fonction de la quantité de magnésium présente dans le régime alimentaire, l’absorption alimentaire du magnésium se situe entre 20 et 60%. Plus l’alimentation est riche en magnésium, plus son absorption relative sera faible. Ses concentrations plasmatiques sont régulées par l’intermédiaire des reins et restent confinées dans un intervalle étroit, à savoir 0,75-0,95mmol/l.

L’apport alimentaire recommandé en magnésium (2) est de 350mg/jour pour un homme adulte et de 300mg/jour pour une femme adulte (chez la femme enceinte et allaitante, il est également de 300mg/jour). Malgré ces recommandations, la carence en magnésium est un problème de santé publique et des enquêtes menées en Europe et aux États-Unis ont montré que les apports quotidiens en magnésium sont inférieurs aux quantités recommandées.

Déficience en magnésium

De nombreux patients manquent de magnésium et l’ignorent. L’examen des besoins en magnésium est compliqué par l’absence d’un biomarqueur validé pour l’état magnésique. Pour évaluer ce déficit, on se réfère avant tout au diagnostic clinique: battements des paupières, douleur dans la poitrine, crampes musculaires, fatigue, irritabilité. Le sang contient moins de 1% du magnésium total. Son dosage dans le sang est donc peu informatif. L’analyse de l’excrétion urinaire de magnésium peut s’avérer être une méthode complémentaire au diagnostic clinique.

Pourquoi manquons-nous de magnésium?

Les adultes assimilent en général moins de magnésium que l’apport journalier recommandé. Pourquoi? D’une part du fait d’une modification de leur régime alimentaire et d’autre part du fait des changements des pratiques agricoles (entre autres des engrais pauvres en magnésium) et de l’adoucissement de l’eau (3). En plus d’un apport insuffisant, il est important de bien différencier les deux types de déficits magnésiques: déficience et déplétion. Dans le deuxième cas, le déséquilibre responsable de la carence est lié à un défaut de régulation des mécanismes du Mg: soit un dysfonctionnement des processus maintenant l’homéostasie du Mg, soit l’intervention de facteurs iatrogènes capables d’altérer le statut en Mg. 
Par exemple, un risque accru de déficience magnésique peut être observé dans les cas suivants (4, 5):
• désordres intestinaux: on observe une déplétion importante des pools de Mg dans des cas de diarrhées prolongées, maladies de Crohn…;
• désordres rénaux: des pertes urinaires s’observent en cas de diabète, de prise de certains diurétiques et antibiotiques ou de cyclosporine;
• alcoolisme chronique;
• prise de contraceptifs oraux, d’œstrogènes, de cisplatine, d’IPP…;
• âge: de nombreuses études montrent que les personnes âgées ingèrent relativement peu de magnésium. Puisque l’absorption intestinale tend à diminuer avec l’âge alors que l’excrétion urinaire tend à augmenter, un apport suboptimal de Mg peut accentuer le risque de déplétion au cours du vieillissement.

Un manque de magnésium est associé à de nombreuses pathologies

Le rôle fondamental du magnésium sur un grand nombre de fonctions cellulaires expliquerait la multiplicité des désordres induits par sa carence. Ainsi, par exemple, le rôle présumé du magnésium dans la pathogénie et le traitement de l’hypertension a suscité beaucoup d’intérêt; de nombreuses études suggèrent une implication du magnésium dans la régulation des fonctions vasculaires et de la pression sanguine. Il existe une relation étroite entre hypomagnésie et la fréquence des arythmies cardiaques, lésions ostéoporotiques, le syndrome métabolique et le diabète de type 2.

Une étude récente valide les indications du magnésium

Les résultats d’une méta-analyse parue dans BMC Medicine (6) indique qu’une alimentation riche en magnésium permettrait de diminuer le risque de diabète de type 2, de maladie cardiaque, d’accident vasculaire cérébral et de mortalité. Les chercheurs ont analysé les données de 40 publications comprenant au total
70 études. Les dates de publications vont de 1999 à 2016 et les périodes de suivi varient de 4 à 30 ans. 

Les résultats montrent que les patients qui ont les apports alimentaires en magnésium les plus élevés ont un risque de maladie cardiaque diminué de 10%, un risque d’accident vasculaire cérébral diminué de 12% et un risque de diabète de type 2 diminué de 26% par rapport à ceux qui ont les apports en magnésium les plus faibles.

Les chercheurs ont également montré que 100mg de magnésium supplémentaire par jour permettraient de diminuer de 7% le risque d’AVC, de 19% le risque de diabète, de 22% le risque d’insuffisance cardiaque et de 10% le risque de mortalité.

Comment supplémenter le patient en magnésium?

Au quotidien, on encouragera les patients à consommer une alimentation riche en magnésium. On en trouve dans les légumes à feuilles vertes (le magnésium est le cation présent dans la chlorophylle), les céréales complètes, le chocolat noir, les fruits à coques, certaines eaux (Hépar…), et les pépins de tournesol et de potiron. Dans certaines situations comme celles de stress, de fatigue, de crampes musculaires, ainsi que dans certaines pathologies (obésité, diabète…) ou prise de médicaments, des apports supplémentaires via des compléments alimentaires sont nécessaires.

Les différents compléments de magnésium

Citrate, bisglycinate, lactate, glycérophosphate, chlorure, oxyde… Différents sels de magnésium sont disponibles. La réalisation de tests de bio-équivalence pour le magnésium ne semble pas aisée, d’où l’existence d’une controverse persistante à ce sujet. Dans certains articles récapitulatifs, les auteurs ont conclu que la résorption est indépendante du sel ou de l’anion utilisé (7, 8). Du point de vue pharmacologique, biologique et clinique, les différents sels de magnésium sont quasi équivalents. L’organisme puise dans les différents suppléments la quantité de magnésium dont il a besoin. C’est donc avant tout la quantité de magnésium élément qui doit déterminer le choix. Le surplus de magnésium résorbé est excrété via les reins. Quant à la tolérance, les sels anorganiques donnent chez certains patients plus souvent lieu à un transit accéléré (7), mais des essais cliniques portant sur l’utilisation des sels de magnésium n’indiquent pas d’augmentation significative de diarrhée liée à l’oxyde de magnésium (8, 9).

Source: Pharma-Sphère


Références
1. Evaluation de l’apport journalier en magnésium dans l’alimentation (enquête nutrtionnelle
Suvimax chez 5.000 personnes.
2. Conseil Supérieur de la Santé. Recommandations nutritionnelles pour la Belgique – 2016
3. Guerrera MP, et al. Therapeutic uses of magnesium. American family Physician
2009;80(2):157-62.
4. Rude RK. Magnesium. In Modern Nutrition Handbook in Health and Diseases. Wolters
Kluwers 2016; 11the ed.
5. Cundy T. & McKay J. Proton pump inhibitors and severe hypomagnesaemia. Current Opinion
in Gastroenterology 2011;27:180-5.
6. Fang X, Wang K, Han D, He X, Wei J, Zhao L, Imam MU, Ping Z, Li Y, Xu Y, Min J, Wang
F. Dietary magnesium intake and the risk of cardiovascular disease, type 2 diabetes, and
all-cause mortality: a dose-response meta-analysis of prospective cohort studies. BMC Med
2016;14(1):210.
7. Bardelay G. Hypomagnésémie: beaucoup d’approximations et pas assez d’études cliniques
rigoureuses. Prescrire 1991;105(11):134-138. Abstract
8. Schuette S. et al. Bioavailability of magnesium diglycsinate vs magnesium oxide in patients
with ileal resection. Journal of Parenteral and Enteral Nutrition 1994;18(5):430-5.
9. Mühlbauer B. et al. Magnesium-L-aspartate-HCl and magnesiumoxide: bioavailability in
healthy volunteers.Eur J Clin Pharmacol 1991;40:437-8.