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Immunité: on organise la résistance!

Patients habitués des rhumes, patients sortants d’une grippe, personnes au contact de malades… des situations qui amènent nos patients à l’officine afin de trouver une solution pour booster leurs défenses naturelles. Comment y répondre?

01/11/2018 12:38pm

Probiotiques

Il est aujourd’hui bien établi que l’intestin est le premier organe de défense immunitaire. La muqueuse intestinale est en effet tapissée d’environ 100.000 milliards de bactéries dont la fonction ne se limite pas à la digestion. Certaines bactéries sont capables de resserrer les jonctions entre les cellules épithéliales, modifiant ainsi la perméabilité de cette barrière et les bactéries du microbiote stimulent la production d’IgA sécrétoires. Certaines bactéries jouent un rôle protecteur direct vis-à-vis des espèces pathogènes, par un phénomène de compétition et par production de bactériocides aux propriétés antibiotiques. Par ailleurs, le microbiote est nécessaire pour que l’immunité intestinale apprenne à distinguer les espèces commensales et pathogènes. Pour ce faire, le microbiote doit être équilibré. De nombreuses études montrent en effet qu’un déséquilibre de la composition de la flore intestinale peut participer à l’apparition ou à la diffusion de maladies digestives mais aussi systémiques. D’où l’essor des recherches visant à découvrir des moyens de maintenir ou de réparer cet équilibre. Les probiotiques semblent être donc la solution au maintien de l’équilibre du microbiote.

Anti-oxydants

Les recherches sur les antioxydants confirment leur rôle important dans le traitement des maladies infectieuses. Pour résister aux agressions hivernales et donner un coup de pouce à l’organisme, les anti-oxydants assurent les réactions nécessaires pour booster notre système immunitaire. 

La vitamine C est incontournable, elle est indispensable à la formation des cellules immunitaires, dont elle accélère la mobilité. L’acérola ou cerise des Indes a une concentration en acide ascorbique 20 fois plus importante que l’orange ou le citron (1.745mg/100g); elle contient également des minéraux et des bioflavonoïdes.

Le zinc est un excellent anti-oxydant ayant une action identifiée sur l’immunité humorale et cellulaire. Il stimule la multiplication des lymphocytes T et réduit la capacité de reproduction des virus. Une des propriétés les plus intéressantes de ce minéral est sa capacité de raccourcir la durée des grippes, rhumes et maux de gorge. Des études in vitro démontrent que le zinc interfère dans la reproduction des virus responsables des refroidissements, tels que les rhinovirus. Le sélénium et le zinc jouent un rôle important dans les défenses de l’organisme contre les virus et les infections. Des études ont pu montrer que le zinc réduit la durée du simple refroidissement et que le sélénium renforce le système immunitaire et réduit les risques d’infection. Le cuivre a des propriétés anti-inflammatoires, anti-infectieuses et anti-oxydantes. L’or a également des propriétés anti-inflammatoires. Et l’argent a des effets anti-infectieux.

Bêta-glucanes

Les bêta-glucanes sont des polysaccharides entièrement constitués de D-glucose; ils forment un groupe diversifié de molécules que l’on trouve essentiellement dans la cellulose des plantes, les céréales, le son et certains champignons. Ils sont connus comme modificateurs de la réponse biologique en raison de leur capacité à activer le système immunitaire. Le macrophage joue un rôle pivot fondamental dans l’initiation et le maintien de la réponse immunitaire. Il existe maintenant des preuves que le bêta-glucane est l’activateur de macrophage le plus fréquemment et le plus largement observé dans la nature. Les immunologistes ont découvert qu’il existe à la surface des macrophages des récepteurs spécifiques des bêta-glycanes appelés Dectin-1 et des récepteurs tels que le récepteur du complément 3 (CR3 ou CD11b / CD18). Lorsque le bêta-glucane est inséré dans le site récepteur, il agit comme une clé nutritionnelle et ce contact active le macrophage. Cette stimulation a pour conséquence la production de toute une série de cytokines pro-inflammatoires qui agissent comme des régulateurs internes du système immunitaire et transforment la cellule en un arsenal défensif.

Vitamine D

La vitamine D est étroitement liée à notre système immunitaire: une récente étude publiée dans le magazine Nature démontre que notre première ligne de défense, les lymphocytes T, ne sont activés qu’en présence de vitamine D. Un déficit de cette dernière et ces cellules tueuses NK restent dormantes. Sur la base de ce rationnel physiopathologique, les relations entre le statut vitaminique D et les infections respiratoires ont fait l’objet de nombreuses études qui ont mis en évidence un
lien entre le déficit en vitamine D et les infections respiratoires hautes, voire basses, et ce dans quasiment toutes les populations. Le plus vaste travail réalisé dans ce domaine, et qui fait référence, est une méta-analyse de toutes les études randomisées contrôlées, publiée en 2013. Ce travail, qui a colligé les données issues de onze études ayant inclus plus de 5.600 patients âgés en moyenne de 16 ans, a conclu à un effet protecteur de la supplémentation en vitamine D, avec un odds ratio combiné de 0,64. Mais les auteurs ont toutefois souligné le caractère hétérogène des études et de possibles biais, rendant les conclusions difficiles. Le mode d’administration paraît avoir un impact. En l’occurrence, de petites doses quotidiennes semblent plus efficaces que des doses plus importantes espacées. Une difficulté découle de l’absence de valeur seuil définie spécifiquement dans ce contexte de stimulation de l’immunité. En effet, le seuil de normalité de 30ng/ml a été établi dans le cadre du métabolisme osseux et non pas dans celui des autres effets de la vitamine D.

Phytothérapie

Les plantes immunostimulantes (échinacée, shiitaké, reishi, maitaké) renferment plusieurs substances et, notamment, des polysaccharides, qui stimulent l’immunité au niveau des plaques de Peyer. D’autres molécules, d’action spécifique, renforcent l’activité immunostimulante via une synergie d’action avec les polysaccharides. 
L’echinacea purpurea peut être conseillée pour diminuer les symptômes et la durée des infections virales et bactériennes aiguës (rhume, rhinopharyngite, grippe, infections ORL et bronchopulmonaires…). On pourra également la conseiller en prévention des pathologies infectieuses récidivantes virales ou bactériennes pour relancer l’immunité chez l’adulte et chez l’enfant. Les études démontrent que les défenses naturelles sont stimulées dès le 1er jour et qu’elles sont au maximum après 2,5 jours de prise. Il est conseillé de ne pas prolonger les cures de plus de 10 jours. Comme pour toutes les substances stimulantes de l’immunité, l’échinacée n’est pas conseillée dans les maladies auto-immunes, les immunodéficiences (VIH, chimiothérapie, greffe d’organe…) ou en cas d’utilisation de médicaments immunosuppresseurs, dans les troubles sanguins de la lignée des globules blancs (leucémie…). Elle ne sera pas conseillée chez la femme enceinte, ni chez la femme allaitante, ni chez les enfants de moins de 12 ans.
Le ginseng (P. ginseng) et l’éleuthérocoque (E. senticosus) sont deux plantes «adaptogènes». Comme l’échinacée, leurs racines contiennent des polysaccharides, stimulants du système immunitaire, mais aussi des saponosides, qui ont la réputation de stimuler le système nerveux central. Utilisées traditionnellement en cas d’asthénie et de faiblesse, elles peuvent être associées à l’échinacée, pendant 2 mois au maximum.

En gemmothérapie?

Le bourgeon de cassis augmente l’immunité, la résistance globale de l’organisme mais aussi sa résistance au froid. Il peut être consommé par les femmes enceintes dès 3 mois de grossesse et par les enfants à raison d’une goutte par jour par année d’âge. Les bourgeons d’églantier renforcent les défenses immunitaires et ont une action préventive des affections ORL et pulmonaires. Ils préviennent notamment les troubles chroniques tels que les bronchites, les otites et les sinusites chroniques.