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Quelles plantes pour passer l'hiver sans antibiotique ?

Le traitement des maladies respiratoires aiguës, d’origine virale dans 80% des cas, est celui qui entraîne le plus de consommation d’antibiotiques et dont la prescription est probablement la plus discutable. L’usage massif des antibiotiques en santé humaine et animale a contribué au développement de «superbactéries» multirésistantes. Face à ce phénomène devenu un enjeu de santé mondiale, la phytothérapie propose une alternative naturelle et efficace pour renforcer l’immunité et traiter les différentes plaintes hivernales.

24/11/2020 8:56pm

Le thym, expectorant et anti-inflammatoire pour les maux de gorge et la toux grasse

Cette plante aromatique a une activité anti-infectieuse à large spectre (pas de résistance bactérienne) et expectorante grâce au thymol et au carvacrol, tandis que l’acide rosmarinique et la lutéoline vont apporter un effet anti-inflammatoire et spasmolytique. Grâce à ses propriétés expectorantes, le thym va augmenter les sécrétions et l’activité ciliaire au niveau des bronches.

Le thym est traditionnellement utilisé pour dégager les voies respiratoires et apaiser la toux grasse en cas de rhume ou de bronchite. Ce sont les feuilles séchées et les fleurs qui renferment les principes actifs. 8 études cliniques, menées sur 16.000 patients, ont démontré l’efficacité sur la bronchite ! En 1997, une étude multicentrique a été réalisée en collaboration avec 771 médecins généralistes sur 7.783 patients souffrant de bronchite aiguë. Les résultats ont démontré qu’un sirop à base de thym et de primevère s’est révélé être plus efficace que certains mucolytiques pour soulager les patients de leur bronchite. L’efficacité des préparations a été mesurée à travers l’auscultation, l’intensité de la toux durant le jour et la nuit, la douleur associée à la toux, la quantité de mucus expectoré et la viscosité du mucus. De plus, la préparation à base de thym a généré moins d’effets indésirables que les traitements de référence. D’après une étude en double aveugle versus placebo (2006) menée auprès de 361 patients durant 11 jours de traitement contre la bronchite, le sirop de thym associé à du lierre est plus efficace que le placebo après seulement 4 jours de traitement.

L’EMA (Agence Européenne du médicament) considère le thym comme expectorant en usage traditionnel, contre la toux et lors de rhumes.

Du thym pour tous les patients ?

La littérature ne signale aucun effet indésirable toxique aux doses thérapeutiques. L’utilisation du thym est déconseillée aux personnes allergiques aux plantes de la famille des labiées ou lamiacées (menthe, sauge, romarin, lavande, serpolet…). On privilégiera les formes hydrosolubles pour les enfants, les extraits secs pour adultes et enfants à partir de 12 ans. Le thym n’est pas conseillé pour les femmes enceintes et allaitantes.

Le plantain, un anti-inflammatoire et broncho-spasmolytique pour la toux sèche ou mixte

Les feuilles de plantain renferment des irridoïdes (aucubosides, catalpol, actéosides), des flavonoïdes, des acides phénols et des mucilages. Cette richesse nutritionnelle confère au plantain plusieurs propriétés pharmacologiques bien démontrées: anti-inflammatoire (inhibe la COX-2), antiviral, bactériostatique, bactéricide, broncho-spasmolytique, immunostimulant et émollient. Selon l’EMA, en voie orale, le plantain est prescrit dans le traitement symptomatique des irritations de la muqueuse de la bouche et du pharynx associées à une toux sèche. Selon L’ESCOP (European Scientific Cooperative on Phytotherapy), il a une action sur l’inflammation des muqueuses s’accompagnant d’une sécrétion importante. Selon la commission E allemande, le plantain soigne les infections et les inflammations des voies respiratoires et des muqueuses de la bouche et du pharynx.

Le plantain est actif sur les voies respiratoires. Les feuilles séchées permettent de diminuer les douleurs liées à l’inflammation de la gorge grâce à la présence de mucilages et de tanins, également utiles pour leurs actions adoucissante, émolliente et expectorante.

Le pélargonium, contre le rhume et les affections des voies respiratoires

Riche en tanins et en flavonoïdes, la racine de pélargonium va fortement réduire l’adhésion des bactéries pathogènes aux voies respiratoires, limitant ainsi les risques d’infection. Elle est très prescrite en Allemagne pour son action mucolytique, antibactérienne et antivirale, en préventif et en curatif. Selon l’EMA, cette plante est un médicament traditionnel utilisé pour le traitement symptomatique du rhume.

Dans le cadre d’une étude randomisée testant deux groupes de 25 patients atteints de sinusite aiguë, des chercheurs ont comparé l’efficacité de la racine de pélargonium (EP 7630) versus un antibiotique. Le premier groupe a reçu trois fois 20 mg par jour d’EP 7630 et par personne, tandis que le second s’est vu attribuer trois fois 500 mg par jour et par personne d’amoxicilline. Les symptômes des patients (obstruction nasale, rhinorrhée, douleur, perte de l’odorat) ont ainsi été évalués durant dix jours. Les malades ont également fait l’objet d’un examen endoscopique et d’une culture de leurs mucosités. L’extrait de pélargonium semble plus efficace que l’antibiotique. Il serait donc une alternative au traitement médical habituel, sans les effets secondaires des antibiotiques.

Dans Annals of Otology Rhinology & Laryngology, 26 mai 2020.

Prévention des récidives avec l'échinacée

Lorsque la fréquence des infections dépasse trois épisodes par an, chez l’enfant comme chez l’adulte, on peut considérer qu’il existe une problématique de résistance immunitaire. Le traitement reste bien sur la prise en charge de chaque épisode aigu. À côté de cela, un traitement préventif sera proposé au patient. Il corrigera le terrain humoral et stimulera le système immunitaire. L’échinacée est d’un intérêt capital dans la régulation de l’immunité.

L’érysimum, pour les extinctions de voix

Les parties aériennes de l’Erysimum officinale (Sisymbrium officinale, encore appelé Herbe aux chantres) sont antifongiques, antibactériennes, anti-inflammatoires, myorelaxantes et anti-mutagéniques. Elles sont indiquées contre l'enrouement ou l'aphonie, au cours des laryngites et pharyngites. L’EMA l’identifie comme un médicament à base de plantes, à usage traditionnel pour le soulagement des symptômes d’irritation de la gorge tels qu’enrouement et toux sèche.

En conclusion, quelle que soit la plante conseillée, il faut garder à l'esprit que la standardisation de la plante et sa concentration réelle en principe actif est garante de la qualité et de l’efficacité de celle-ci.

Auteur: Stinne Robeyns
Source: Pharma-Sphere